Goma - Nord Kivu : Simon Lingolo Nkoso à l’épreuve de l’auto production

Par redaction

Chrétien engagé et chantre gospel évoluant entre les villes de Nairobi (Kenya), Dar-Es-Salam (Tanzanie) et Goma au Nord –Kivu en République démocratique du Congo. Simon Lingolo Nkoso est en même temps présidant de l’Association des Musiciens Chrétiens du Congo – AMCC. Il nous peint un tableau assez sombre de la production gospel à Goma.


Abordable et sympathique Simon Lingolo est d’une ouverture d’esprit qui force l’admiration. Barbu, et de teint clair, reconnaissable entre mille avec son physique imposant, il est un artiste à premier vu d’œil. C’est non loin du marché de Virunga à Goma qu’il nous a fixé rendez-vous dès notre premier coup de fil. Il a ainsi mis un break à ses activités de cette fin de journée.
Très bien introduit dans le milieu culturel, ce qui lui a valu cette ascension à la tête de la très mitigée AMCC, Simon nous a peint un tableau assez terne de la production gospel à Goma pourtant bourrée des talents. 

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De l’enregistrement, à la distribution en passant par la production puis les spectacles, faire le gospel à Goma est un véritable parcours de combattant. Il le dit :

« Nous avons plusieurs studios de fortune ici à Goma qui permettent tout de même de révéler des talents. Les studios professionnels sont à compter au bout des doigts et exigent des moyens conséquents. »

Simon se plaint du manque des mécènes et d’un accompagnement des artistes :

« Vous n’êtes pas près de sortir de l’auberge puisque vous avez sorti un son qui semble cartonner dans la ville. Il y a ensuite la distribution, une autre étape, qui demande beaucoup des moyens, mais personnes n’est prêt à vous soutenir. Il est plus facile et c’est regrettable que les opérateurs économiques sortent du paquet pour les comédiens, les sportifs, mais pas nous artistes gospel. »

Cette réalité est pour Simon, celle qui force certains jeunes talents qui ont un avenir prometteur (comme lui à un moment), de quitter la ville pour d’autres cieux :

« Après l’expérience de Nairobi et de Dar-Es-Salam, je suis présentement en studio ici même à Goma, et c’est avec des moyens de bord pour une œuvre dont les détails vous seront livrés en temps opportun. »

Simon reconnaît tout de même la difficulté liée à la langue dans ces pays en majorité anglophone :

« Au Kenya comme en Tanzanie, on parle l’anglais et aussi le swahili. Mais nous autres nous y allons avec le lingala en majorité, ça ne nous facilite pas toujours la tâche. Le rythme oui, mais le plus important ce que le message doit passer. Alors on enregistre et on rentre avec le son. »

Confiant en l’avenir, Simon compte avec sa casquette de président de l’AMCC apporter plusieurs innovations dans ce domaine. Mais il compte sur l’appui et l’accompagnement notamment de l’autorité provinciale et surtout des églises pépinières des chantres.

La rédaction 

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