8 mars 2021: l'accès au numérique, un atout pour la promotion des œuvres de chantres gospels féminins

Par redaction

Avec un leadership féminin qualitatif et une excellence dans le niveau de prestation, le gospel congolais s’impose et émerveille. La liste de celles qui écrivent en lettre d’or l’histoire du gospel congolais au féminin s’allonge un peu plus chaque jour. Mais le défis demeure : l’accès aux possibilités qu’offrent les numériques. En rapport avec le thème national décliné pour la journée internationale des droits des femmes, quelques femmes des médias, triées au volet ont émis leurs avis, de manière plutôt générale sur ces Congolaises qui font le gospel.  


Même si, plusieurs parmi elles doivent encore se familiariser avec les numériques entre autres pour la promotion de leurs œuvres, mais surtout contourner les contraintes liées à la covid-19 un peu partout au monde, les artistes gospel féminins ont des défis à relever. 

Certaines comme l'affirme Sonia Lukusa, nous ont carrément offert du "surgelé réchauffé" durant l'année 2020 :

"La femme d'abord, artiste ensuite a été en difficulté énorme. Elle n'a pas réussi à bien s'exprimer pendant cette période de pandémie. Plusieurs ont dû, j'imagine, être bloquées par cette pandémie au point de n'être pas en mesure de produire de nouveaux albums. Quelques-unes exceptionnellement comme L'Or Mbongo se sont démarquées. Lorsque l'on regarde sous d'autres cieux, on a vu des productions en ligne. J'ai vu personnellement certains artistes en occident par exemple, livrer leurs concerts à circuit fermé et retransmis en live sur YouTube etc. Nos artistes Congolaises n'ont pas eu cette "chance" . Elles nous ont plus offert du "surgelé réchauffé"".

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Sonia Lukusa B., directrice des informations chez Verts Pâturages, 22 ans de carrière professionnelle avec un parcours riche dans plusieurs institutions internationales comme l'UNIFEM, ONUFEMME aujourd'hui, en qualité de Chargée de communication. 

 

Sonia attribue cette situation qu’elle qualifie de « pur fatalisme » à la pandémie du Corona virus :

«On se demande si c'est par ignorance des NTIC ou simplement par pur fatalisme. Ce secteur en tout cas, n'a pas été suffisamment productif pendant cette période de pandémie à Corona virus. Pourtant, la RDC regorge de talent féminin en la matière. On a par exemple découvert Tshoutshou Ngandu, mais une seule chanson a bercé nos oreilles puis plus rien. Pourtant, grâce aux NTIC, elles avaient plus d'opportunités de toucher le monde par un claquement des doigts. Elles n'ont pas su capitaliser. Dans la vie, il faut savoir changer les difficultés en opportunité.»

Pour elle, ceci n'est pas la seule faute des artistes :  

Les journalistes aussi ont eu leur part. En tant qu'acteurs sociaux, ils n'ont pas boosté les artistes. 

Mais aussi, l'analphabétisme poursuit Sonia :

Un autre point pas le moindre à relever c'est l'analphabétisme des NTIC. Toutes les femmes n'y ont pas encore accès. Celles qui y ont accès, ont elles réellement les vraies notions pour leur utilisation ? Je dirais oui et non. Avec crainte que le non prime. Ceci me pousse à un plaidoyer en faveur de l'accès gratuite des ménages à Internet et aussi et surtout à une formation spécifique des femmes à l'utilisation des NTIC.

Larissa Diakanua, par contre, est plutôt positive et plaide aussi pour un accès égalitaire au numérique :

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Passionnée de l'écriture et journaliste avant tout, Larissa a une dizaine d'années d'expérience dans le journalisme avec une spécialité entre autre dans les réseaux sociaux.

Cette période de pandémie ne doit pas être une raison de mettre une pause ou de remettre en cause les acquis de la lutte pour une société plus égalitaire. Au contraire, dans un domaine comme le gospel, c'est même une occasion de donner des moyens de s'exprimer et de mieux faire connaître leur talent à des femmes souvent marginalisées grâce au numérique qui permet des possibilités énormes de promotion et d'expression. Mais pour cela, il faut déjà un meilleur accès au numérique et à ces plateformes de communication pour ces femmes et pour le grand public. 

Un petit peu dans la même logique, Philo Makiese renchérit en ces termes : 

Aujourd’hui, il est plus que nécessaire d’inciter les femmes à l'excellence et aux valeurs, afin de permettre à notre société d'évoluer.

Pour Philo Makiese, le développement dans ce secteur (le gospel) suppose l'accessibilité à tous mais aussi une maîtrise des outils technologique par les femmes concernées :

Concernant la société égalitaire et numérique, le droit international garantit l'égalité entre les êtres humains, mais pour assurer cette égalité à l'ère du numérique, il faut en assurer l’accessibilité à tous, grâce notamment aux politiques qui favorisent leur apprentissage et maîtrise par les citoyens d’une manière générale, et les femmes en particulier. Or, on sait très bien que dans notre pays, il n’existe pas encore d'infrastructures permettant un meilleur apprentissage dans les domaines technologiques. J’encourage donc les femmes à se battre pour apprendre par elles-mêmes à travailler avec des solutions digitales, afin de s’ouvrir à la culture, qui permettra ensuite leur développement et celui de leurs entreprises.

Au moment où les mouvements des personnes sont limités par l’avènement de la pandémie du Covid-19, la maîtrise des outils technologiques et du numérique s’avère plus que nécessaire, surtout pour leur capacité à faciliter le travail à distance. Ce qui suppose le développement.
 

Entretemps, Philo Makiese se réjouit du fait que des œuvres des artistes gospels soient accessibles via les plateformes de streaming :

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Philo Makiese S., diplômée de l'IFASIC et d'une double maîtrise en communication de l'École des Hautes Études en Sciences de l'Information et de la Communication avec 20 ans d'expérience professionnelle.  

Dans le contexte du gospel congolais, je trouve tout de même qu’il y a des avancées, si l’on se fie aux belles performances des musiciennes, dont on retrouve les œuvres de très belle qualité sur les plateformes de streaming comme Deezer. Leurs prestations sont d’excellente qualité, et je pense que notre société doit encourager les femmes à poursuivre ces efforts, en assurant une plus grande inclusion des femmes congolaises dans le numérique. 

C'est avec un ton beaucoup plus conciliant et tinté de satisfaction que Carol T. Shabantu, fait ce constat :

 Ce moment a aussi aidé certains musiciens à se lancer dans le monde du numérique. J'ai vu certains sortir leur nouvel album et d'autres ont profité des réseaux sociaux pour partager leurs musiques et ont même créé de nouveaux modes d’animation pendant cette période de confinement.

 

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Carol T. Shabantu, ancienne de l'IFASIC, elle a parfait son cursus universitaire en Communication, Médias et Société à la Nottingham Trent University (NTU) en Angleterre avec une spécialité Marketing. Actuellement initiatrice de Mosala Malamu, plateforme promotionnelle.

 

Pour ce 8 mars, la République démocratique du Congo a décliné le thème : « le leadership féminin d’excellence, société égalitaire et numérique à l’ère de la Covid-19 ». Il va sans dire qu'avec les contraintes liées à la covid-19, il est plus que opportun pour la femme évoluant dans le gospel de faire montre de créativité afin d'asseoir son leadership en plein puissance plutôt que de rester à la traîne.

La rédaction

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