«Ko kabola Congo te» : une reprise de «Bilaka» qui révèle le génie artistique de Moïse Mbiye

Par redaction

Une carte postale qui présente la République démocratique du Congo dans toute sa diversité. 450 tribus, un seul peuple, une seule nation, un Congo uni, fort et prospère. Un chant de solidarité avec la population de l'Est du pays.


Au début, la voix de l’artiste quoiqu’un petit peu forcé pour lui donner un ton assez solennel, est une sorte d'appel au réveil. Une prière même, mais aussi une invitation accentuée par le son de la corne. Cet instrument qu'on utilisait lors des grandes cérémonies comme l'intronisation d'un roi, ou pour annoncer la naissance d'un prince.

Il y a lieu de préciser que c’est tout l’enregistrement du spectacle du Liveroom qui a été mixé et monté sur des images du Congo ramassées ça et là, question de nous fixer sur le contexte.

Tout le long du cheminement de ce chant, on a une nette impression du « déjà entendu ». Alors qu’on la veut une version audio, c'est plutôt une reprise de « Bilaka » sortie en septembre 2015, écrite et composée par Moise Mbiye. C'est aussi un montage vidéo réussit signé Éric Tshisuaka

La version originale de ce chant a été exécutée lors du Liveroom réalisé au sein du nouveau bâtiment du musée national à Kinshasa en pleine crise du Corona Virus.

Bilaka, tiré de l'album Champion (2015)

Et c’est sûrement dans le couloir de cette production qu’a germé l’idée de « Ko kabola Congo te ». 

Ce chant serait à classer dans le rang des classiques. La Chorale Luc Gillon y a apportée une touche particulière de professionnalisme qui lui confère à ce chant une place de choix dans certaines manifestations et pas forcement à l'église. Un chant patriotique comme le veut l'artiste:

L’objectif à travers cette chanson à vocation géopolitique et touristique, vise à marquer l’espoir d’un CONGO fort, puissant et réunifié. Pour dire NON au tribalisme,... Grosse pensée à nos frères et sœurs à l’Est du pays. 

Pour comprendre la logique de cette chanson ainsi que le clip en question, il faudrait remonter à 7 mois plus tôt. Nous sommes à la Cité Béthel, l’église que dirige le chantre pasteur Moise Mbiye. La prédication du jour porte sur un thème assez complexe : « La culture africaine n’est pas que sorcellerie. »
Dans son sermon, le pasteur a fait des révélations révolutionnaires quant à l’identité même de l’Afrique, son histoire et de l’attachement de l’Africain à ses valeurs culturelles comme impératif de grandeur dans un monde en perpétuelle mutation.

«Celui qui ne connait pas son histoire ne profite pas de l'héritage.

Si tu ne connais pas la beauté du passé, tu accepteras la dégradation du présent.» 

De l’avis de plus d’uns, lorsqu’on écoute « Ko kabola Congo te » l’artiste a sûrement voulu mettre en exergue ces valeurs culturelles du pays.

Et ceci semble avoir si bien réussit. Une idée de génie. Du grand art, car dans ce titre, plusieurs sonorités identitaires de plusieurs cultures se mixent pour former un tout mélodieux. Du Congo-Central en passant par le Katanga et le Kasaï, sans transition avec une guitare d’accompagnement présente du début à la fin du chant, du maracas, le son de la corne assortie au rythme saccadé du tam-tam exécuté par le groupe de percussion d'Eddy Mboyo, ce chant vous incite naturellement à la danse. 

 

Même si ce clip audio est encore un projet avant le clip officiel, nous vous encourageons à le voir absolument.  

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