MILA KIMBUINI aka MilaMi : "La musique est pour moi un appel et un canal pour délivrer le message de Dieu."

Par redaction

 

 

 

«Je suis très fière d’avoir ENFIN répondu à son appel et d’avoir avancé malgré mon incompétence, mes lacunes, mes peurs, le corona évidemment… »
C’est en ces quelques mots qu’elle annonçait il y a peu « 200 % LOUANGE » un maxi single dont la sortie est inévitable courant premier trimestre 2021. 
À l’occasion, elle nous a confiées que des deux chansons, dont les titres n’ont pas été révélés, l’une est une balade, « gospel contemporain » chantée en français et une autre aux rythmes typiquement congolais ; 50 pourcent en Lingala et en Français, saupoudrée des quelques mots swahili et kikongo. Une autre, une chanson dansante et pour laquelle le clip est déjà en tournage... Le clip, justement, sera disponible en même temps que le chant. 
Ont participé à ce tout premier projet gospel dont elle se sent tellement fière et tout excité de présenter au publique, Alain Rodrigue OYONO, saxophoniste camerounais de renom qui a marqué de son empreinte cette œuvre.
Elle n’a que 40 ans, elle se lance dans le gospel, telle une aventure, elle, c’est Mila Kimbuini, épouse Minta, MilaMi son nom de scène. 

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Gospelmuzik.cd : Vous avez tout de même un très long parcours dans le journalisme, (NDLR : elle a fait la presse écrite, la télévision, le digital et actuellement la radio avec BBC) et aujourd'hui vous embrassez le gospel, qu'est-ce qui est à la base de ce soudain goût du gospel ? Vous abandonnez le journalisme ?


MilaMi Je ne laisse pas le journalisme pour le gospel. Ce sont deux choses totalement différentes. C’est vrai que les visions de gens changent avec le temps, mais ma vision du gospel telle que je le fais ce n’est pas mon métier. Pour l’instant, je suis journaliste de profession. Je ne pense pas que je puisse le rester à vie, il y a tellement des choses à apprendre, à faire. Le journalisme est un métier que j’aime. 
Le gospel pour moi c’est un appel auquel je réponds. C’est comme quand je chante à la chorale. C’est un service à Dieu. C’est vrai que les disques sont vendus, cela demande des moyens pour faire des clips, je suis une indépendante. Voyez-vous? Le fait de commercialiser les chants sur les plateformes digitales par exemple, déjà ça ne va pas rapporter grand-chose à moins de vendre de millions et des millions d’exemplaires, de faire des millions de «streaming». Ce n’est pas ça en fait. Pour moi le but en faisant le gospel, c’est, et je pense que ça restera ainsi pour longtemps, on verra comment Dieu va m’orienter; c'est juste que ça se passe hors de mon église locale : mes chants sont aussi destinés pour les gens du dehors en espérant qu’ils seront gagnés à Christ. Destiné à moi, destiné à sortir ce que Dieu a mis en moi pour le monde. Pour l’instant, j’aime bien le fait que j’ai mon métier et j’ai le gospel à côté. Parce que j’estime, et ce n'est vraiment pas pour parler du cas d’autres gens, parce que ça dépend, comme je dis, on n’a pas le même appel, on n’a pas la même histoire, on n’a pas le même talent, on n’a pas le même professionnalisme, on n’a pas la même expérience. Mais pour l’instant, j’aime bien cette idée d’avoir un métier, voir même un business et d’avoir le gospel pour que je puisse rester libre dans le fait de suivre la voie sur laquelle Dieu m’emmène selon chaque chant, chaque œuvre ou selon « ma carrière ». Parce que je pense que s’il faut que je gagne de l’argent… quand il s’agit de gagner de l’argent, en faisant une activité, je pense que généralement, on ne blague pas. On fait tout ce qu’il faut pour gagner de l’argent. Et pour l’instant, je n’ai pas envie de faire tout ce qu’il faut pour gagner de l’argent à travers le gospel, et ça sera le cas si je n’avais pas d’autres métiers parce que j’ai une famille. 

C’est vrai que les visions de gens changent avec le temps, mais ma vision du gospel telle que je le fais ce n’est pas mon métier.

Je préfère faire du gospel pour l’amour de faire du gospel. Donc, je peux être-là, si je ne sens pas dans mon cœur que Dieu me dit que je sorte un single pendant 10 ans, je ne sortirais pas de single pendant 10 ans parce que en fait, c’est l’appel de Dieu que je suis. Vous voyez un peu ma logique ? Ce n’est pas un métier ou t’es obligé de faire telle une contrainte, mais c’est l’appel de Dieu. C’est ça la différence. Et je l’ai déjà dit, les appels sont différents. Il y a des gens qui sont totalement professionnels. Ils se plongent dedans. Et avec ce maxi single "200 % louange" j’ai eu le temps de côtoyer un tout petit peu certaines personnes qui sont professionnelles de la musique et j’ai compris que c’est du travail, c’est du temps, c’est de l’énergie, c’est de l’argent. Et les gens qui ne font que ça, ils sont obligés de gagner de ça parce que c’est vraiment la moindre des choses : « l’ouvrier mérite son salaire ». Donc c’est normal. Mais moi au niveau où je suis, au niveau du professionnalisme ou je suis, au niveau même de l’appel, je viens juste de commencer. Donc, pour l’instant, c’est vraiment ça. Il n’y a vraiment pas de problème. J’aime faire les deux. Et plus même, ça n’a pas du tout la même portée quoique c’est très important tous les deux secteurs de ma vie.

Comptez-vous faire carrière dans le gospel ou c'est juste un désir de sortir un bébé que vous aviez ? Et puis plus rien ?
Si jamais vous faites allusions à l’annonce que j’ai faites sur les réseaux sociaux en disant qu’officiellement, il y aura un maxi single. Il importe pour moi de vous révéler que j’ai des nombreux bébés. Mais il s’est fait que ce sont les deux premiers qui sont sortis. Mais il y en a d’autres qui sont même plus vieux, et que j’ai composé avant ces deux chants. 
En réalité, je pense que tant que Dieu me donne de composer des chants pour sa gloire, tant que j’ai les moyens et les temps de sortir, je sortirais. 
Ma philosophie, c’est que, comme le disait mon ancien pasteur, le pasteur Roland Dalo, quand on va t’enterrer, il faut que ce ne soit que ton corps qui soit enterré. Il ne faut jamais vouloir être enterré avec les dons que Dieu a mis en toi. Après, rien ne dit que ce sera forcement moi qui le chante. Ce que j’ai un tout petit peu remarqué, un peu parce que je ne fais pas vraiment partie du cercle des chantres gospel, j’ai chanté dans une chorale pendant un an, et après, je me suis retirée pour avoir le temps de finir l’œuvre parce que je n’arrivais pas à faire les deux.
Le petit constant que j’ai fait, et c’est général, ce n’est pas que le gospel, les gens ne te font pas confiance quand ils ne savent pas de quoi tu es capable. J’aurais aimé que certaines de mes chansons soient chantées par certaines des personnes que je connais pour que je voie de loin. Écrire et faire des mélodies et leur donner. Mais qui ? Les gens ne prendront pas ta mélodie tant qu’on ne te connaît pas. Tant qu’on ne sait pas si tu peux faire une bonne mélodie. Le jour où Dieu me dira que c’est bon maintenant oriente toi vers autre chose, je le ferai. Comme j'ai dit, je suis l’orientation divine. Ce n’est pas de moi. Si ça ne dépendait que de moi, je ne serais pas là à faire ça. Mais tant que Dieu me donnera des choses à chanter ou ce sera moi chanter avec d’autres gens. C’est quelque chose que j’aime au plus profond de moi. Je crois que le chant tel qu’il m’est donné, ce n’est pas seulement de l’adoration, ni la louange. Pour l’instant, on a fait "
200 % LOUANGE", c’est vrai, mais il y a des chants qui sont vraiment prophétiques, qui font entrer dans une atmosphère prophétique.

"En réalité, je pense que tant que Dieu me donne de composer des chants pour sa gloire, tant que j’ai les moyens et les temps de sortir, je sortirais."

Je ne les ai pas encore sortis. Ça devrait être le deuxième chant du single, mais ce n’est pas encore le moment. Ça veut dire que c'est des choses qui sont bonnes à sortir, qui vont bénir quelqu’un, ne fut-ce qu’une personne. Et tant, qu’il y a quelque chose que je peux donner, qui puisse bénir une personne, je n’arrêterais pas. Alors je ne sais pas si on va appeler ça carrière. Sinon, c’est un peu ça la vision. 
Mais il y a aussi le côté pratique. Il faut savoir que comme je l’ai dit, je me prends seule en charge. Il n’y a pas une maison de production qui me supporte. Je n’ai qu’une maison de distribution et donc ça demande des moyens financiers. Donc aussi, ça sera au regard des moyens disponibles, du temps… Qu’on ne me prenne pas aux mots : « Tu avais dit que tu vas sortir tout le temps des singles jusqu’à ce que ça finisse. » Ça dépends de tout cela. Il faut aussi savoir que je suis des coachings vocaux. Je ne pense donc pas que je dois penser à une maison de production parce que quand tu penses à une maison de production, on suppose que tu as un produit parce que tu dois produire. 

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Qui est-ce qui vous inspire dans le gospel congolais, et pourrait-être votre modèle ?

Il y a tellement des gens. J’avoue que je n’écoute pas beaucoup, dans le sens ou je ne cherche pas à m’informer sur les musiciens chrétiens. Le Congo a tellement des chantres qui sont talentueux et inspirés. Les personnes qui m’inspirent les plus sont, sans hésiter le pasteur Athoms Mbuma. Je pense qu’il m’inspire d’abord en tant qu’être humain. Ensuite en tant que chantre. J’ai eu l’occasion de lui parler quelques fois. C’est quelqu’un qui impacte. C’est un leader qui est humble. J'ai l’impression qu’il n’est pas quelqu’un qui s’arrête et qui se contente de là où il est. 
Actuellement, on ne peut pas ne pas citer Dena Muana, L’Or Mbongo, Maman Micheline Shabani, José Nzita. La plupart de ceux qui m’inspirent sont des gens qui rendent un culte à Dieu. Et j’aime ça. J’aime quand je t’écoute, quand je chante ton chant, je sens que je rends un culte à Dieu. Que ce n’est pas qu’un chant, que c’est une prière, c’est une adoration, c’est une intercession, une supplication. 
La liste est longue. Ceux que j’ai cités sont ceux qui me sont venu en ce moment. Il y en a tellement qui m’inspirent. J’ai beaucoup écouté aussi en ce moment, le frère Grace KAFUNDA, l’apôtre Narcisse MAJILA, Cèdre KATAMBAYI, Mike KALAMBAY, Moise MBIYE, ils sont nombreux… J’en oublierais d’autres.

La plupart de ceux qui m’inspirent sont des gens qui rendent un culte à Dieu. Et j’aime ça. J’aime quand je t’écoute, quand je chante ton chant, je sens que je rends un culte à Dieu. 

MilaMi, vient-elle apporter du nouveau dans le gospel congolais ou juste se faire une place parmi les autres?
Je ne pense pas venir me faire une place parmi les autres. En réalité, j’espère que ça va être compris de la manière dont je veux le transmettre. Je ne pense pas que je fasse parti du milieu du gospel congolais. Je ne suis pas une professionnelle de chant, je ne suis pas une professionnelle de la musique. Je ne suis pas une « performer ». Je ne suis pas quelqu’un qui sait comment ça se passe sur scène, qui connaît les instruments, toutes les notes. 
La musique, c’est le canal par lequel je passe pour délivrer le message de Dieu. C’est ça. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. Je ne me vois pas comme quelqu’un qui fait partie de l’industrie musicale du gospel congolais.
Je me vois juste comme quelqu’un qui est en train de faire un service dans un département quelconque de l’église. Seulement, qu’après ça, tu mets en streaming et que les gens peuvent écouter. Dieu merci grâce à Internet de partout où ils sont, ils peuvent l’écouter. On peut ainsi communier. 

"La musique, c’est le canal par lequel je passe pour délivrer le message de Dieu. C’est ça. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. Je ne me vois pas comme quelqu’un qui fait partie de l’industrie musicale du gospel congolais."

La rédaction

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